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CHIENS D'AVALANCHE : DRESSER POUR SAUVER

   
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CHIENS D'AVALANCHE : DRESSER POUR SAUVER

Reportage sur les gendarmes de haute montagne et leurs chiens durant leur entrainement à Montgenèvre dans les hautes-Alpes.

Meilleur ami de l'homme, le chien
devient en cas d'avalanche sa planche
de salut. Les chances de survie dépendent de la vitesse à laquelle sont découvertes les victimes piégées
par la neige, et un chien est capable de détecter une présence humaine sur un hectare en quinze minutes, alors qu'un sondage humain sur la même surface réclamerait vingt hommes et vingt heures de travail. Loin de l'image du saint-bernard portant un tonneau d'alcool autour du cou, les
300 chiens d'avalanche de France sont généralement
des bergers allemands ou des bergers belges,
musclés et légers. Le peloton de gendarmerie de
haute montagne en compte vingt-sept. Les autres
accompagnent les CRS, les sapeurs-pompiers, les
pisteurs-secouristes…

Le capitaine Dominique Cristofoli, chargé de la formation
des chiens d'avalanche, accueille cette année
huit nouveaux chiens, qui vont suivre trois semaines
d'entraînement à Montgenèvre, dans les Hautes-
Alpes. « Pour suivre la formation, les chiens doivent
être sociables, afectueux, joueurs, explique-t-il. Les
animaux sélectionnés sont en parfaite santé, car les
mouvements sur la neige sollicitent beaucoup les
articulations. »

L'année prochaine, ces chiens reviendront deux
semaines à Montgenèvre pour consolider leurs
connaissances. Puis, tous les ans, en début de saison,
ils passeront un contrôle pour vérifier qu'ils sont toujours
bons pour le service. Complicité et confiance
La recherche est d'abord visuelle : le chien apprend à
récupérer un boudin en plastique que tient un bénévole
caché dans la neige. « Il le cherche car il sait qu'il
sera récompensé par un moment de jeu avec son
maître », précise le capitaine Cristofoli.
Ensuite, on se concentre sur l'odorat. Le développement
du flair du chien lui permet de distinguer des
odeurs diférentes dans un espace restreint. Dans la
phase finale de la formation, le chien doit repérer une
première victime à moitié ensevelie, puis continuer
la recherche au même endroit afin de trouver d'autres
personnes enfouies en dessous.
Le chien et son maître forment un duo où la complicité
et la confiance mutuelle sont essentielles dans
les opérations de sauvetage. Cette année, Raphaël
Chavin, gendarme de haute montagne de Bourg-
Saint-Maurice (Savoie), accompagne son propre
chien Getro dans sa première formation. A la diférence
des autres chiens d'avalanche, qui rencontrent
leur maître après avoir été instruits, Getro a été élevé
par Raphaël. Ce parcours unique a créé un lien très
fort dans cette équipe, qui reviendra l'année prochaine
pour terminer sa formation.

Texte : Marine Brugeron pour Le Parisien Magazine