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LA PAIX DU VIETNAM

   
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LA PAIX DU VIETNAM

Vietnam, printemps 2OO5, deux anniversaires se disputent la vedette sur les pancartes peintes célébrant un avenir et un passé glorieux : les 75 ans de la création du parti communiste et les 3O ans de la fin de la guerre. Partout au sud, de Hué à Saigon, rebaptisée Ho Chi Minh Ville, dans les villes «libérées » en mars et avril 1975 les ponts sont illuminés, les grandes avenues pavoisées de drapeaux.

Les traces des deux guerres successives, avec les français puis avec les américains, sont omniprésentes et pourtant si lointaines. Le musée de Dien Bien Phu , retrace , maquette à l'appui , la victoire contre les troupes « fantoches », les cimetières avec leurs listes de soldats morts au combat sont soigneusement entretenus, il y a même des militaires américains qui fouillent le sol à recherche de Gi's disparus . Mais le long des routes, les voyageurs sont accueillis par les « hello » souriants des enfants. Et dans les grandes zones touristiques
comme la baie d'Ha Long, le « one dollar photo » commence à faire partie du langage de base. Sur l'un des îlots de la célèbre baie , Tuan Chau, ou Ho Chi Minh avait une résidence, les pêcheurs ont été déplacés, le bétonnage généralisé, afin d'installer des hôtels de luxe pour touristes coréens, chinois ou, de plus en plus, américains.

En seulement 15 ans, le Vietnam est devenu un petit dragon de l'Asie. Le parti reste unique, mais l'économie est clairement capitaliste. Les cyclo-pousse ont quasiment disparu du paysage.
Hanoi, autrefois capitale du vélo, est devenu le royaume de la moto, le train de la réunification entre Hanoi et Saigon s'est modernisé avec notamment des écrans de télévision dans chaque wagon, les avions de Vietnam Airlines offrent un confort et une sécurité inimaginables il y a seulement 10 ans. Partout, une nouvelle architecture remplace progressivement l'habitat traditionnel. Ce sont désormais de curieuses maisons, avec façade rococo et cotés sans fenêtres ni peinture, qui poussent le long des routes.
Dans le Vietnam de 2005, les fils des anciens soldats de
l'armée du sud peuvent à nouveau travailler, les pagodes
bouddhistes ne désemplissent pas , les karaoké et les cafés Internet font partie du quotidien, sur les somptueuses plages du sud, les touristes se voient proposer des massages de pied.

Dans les hôtels, au charme encore souvent désuet , avec
moustiquaires , eau chaude aléatoire et confortables canapés en cuir , les pendules, au dessus de la réception, indiquent l'heure , à Hanoi toujours, à Paris souvent , mais à Washington pas encore …

Albéric de Gouville